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La préhistoire

Cette histoire débute en 1972... Mes premiers salaires m'ont permis de prendre un crédit afin de m'acheter le rêve absolu pour un garçon de 23 ans de l'époque : une Alpine A110. Évidemment, pas question d'acheter une voiture de course, non, juste une jolie berlinette avec son Renault-Gordini 1255cc de 103cv (des SAE…), ses 2 gros doubles carbus Weber, ses Michelin "FF" et tout.

Un peu plus tard, des amis m'ont un peu poussé à m'engager dans des compétitions locales, pas trop fort, car j'y ai mis beaucoup de bonne volonté : slaloms, courses de côte, rallyes régionaux.

photo : A. Conrath

Mon style n'était - parait-il - pas très adapté à ce type d'épreuves. Pourtant, j'y ai gagné quelques coupes et même quelque menue monnaie.

A l'automne 72, mon p'tit pote Jean-Marie Morère (110kg sur la bascule, à l'époque...), m'embarque dans un rallye : les "500 Nocturnes". Le but du jeu parait simple :

1) départ en fin d'après-midi

2) à fond pendant 500 kms

3) arrivée au petit matin

On essaie ça, on fonce dans le brouillard de l'automne, puis on se retrouve tous seuls à l'arrivée à attendre que le contrôle daigne ouvrir. Tout le monde pointe en retard, sauf nous...bizarre, bizarre. Le classement de cette première expérience a été oublié, parce que l'avance était doublement pénalisée par rapport au retard...

Une ou deux semaines plus tard Jean-Marie revient à la charge : il y a un rallye dans les Vosges, encore plus long que l'autre, c'est le rallye des Vallées. Après l'avoir menacé des pires sévices en cas de récidive du coup précédant, on charge les roues de secours et les bidons dans l'Ami 6 de Henri, ami étudiant qui assume l'assistance, puis on y va.

photo : A. Conrath

Vu, les casques ? Vu, les Michelin TA3 ? Et encore, si vous aviez vu l'Ami 6...

Toujours la même tactique : à fond, tout le temps, partout.

Au petit matin, on va dormir... enfin presque, car je viens de découvrir une conséquence inattendue des rallyes : plus ils sont longs, plus ils sont aphrodisiaques...

Tout de même, JM démolit la porte de ma chambre vers midi : il paraît que nous sommes seconds, et qu'en plus, nous avons failli gagner. Comme personne ne nous connaît, là-bas dans les Vosges, on nous soupçonne d'avoir pris des raccourcis, alors qu'en fait, je n'avais jamais vraiment su où nous nous trouvions, durant toute la nuit, et nous n'avons fait qu'attendre à quelques mètres des tables de chronométrage qu'il soit l'heure de pointer. J'avais bien remarqué que les autres arrivaient toujours "à la bourre", tandis que nous, on avait un peu de temps devant nous, mais sans y prêter plus d'attention. Tous comptes faits, Jean-Marie possédait un talent évident pour l'improvisation dans la navigation et en plus, une inconscience qui lui faisait totalement ignorer la peur en voiture.

On nous a dit qu'il y avait un radar, là-haut, près du mont Sainte-Odile (oui-oui, près de l'endroit où l'Airbus s'est planté) : 215km/h dans le brouillard, on a failli percuter la fameuse tour du Champ du Feu à fond de 5 !

Après, nous avons encore fait un rallye quelque part en Lorraine, terminant avec un moteur "ratatouillant" -une sombre histoire de buses de carbus qui bougent- vers une anonyme 10è place : on ne peut pas gagner à tous les coups !

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