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 1973

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J'avais rencontré André Jeanniard dans une soirée chez des copains, on a "causé bagnole". Par rapport à moi, c'était quelqu'un qui avait de l'expérience: il avait fait plein de rallyes, y compris de grandes épreuves comme le Monte-Carlo ou le rallye du Maroc. Son expérience pouvait sans doute me faire progresser, car j'avais bien conscience d'avoir été ... complètement inconscient !

Il m'a fait casser une fois de plus ma tirelire pour acheter la "bête", une Alpine 1600S groupe 4, avec une caisse légère et toute la panoplie.

Le gars qui me l'a vendue était un fin pilote, il m'a fait tellement peur sur les routes du Jura, que je n'ai pas osé prendre le volant ! Le samedi, j'ai emprunté le vieux Land-Rover de mon père et la remorque d'un copain pour aller chercher mon bolide.

De retour à la maison, j'ai fait quelques tours du quartier avec mes copains, mon frère, ma maman (authentique!), pour voir comment ça fonctionnait.

Le dimanche matin, je me suis levé de bonne heure, car il y avait une petite épreuve en côte dans la région.

La voiture descendue de la remorque, j'ai fait chauffer le moteur. Un pote de l'écurie, Jean Ritter, garagiste et aussi pilote de rallyes, est venu me voir : "J'ai entendu ton embrayage, fais gaffe, ce truc qui fait un bruit métallique coute la peau des fesses,faut pas le casser."

OK, j'ai compris, je démarre en douceur et puis... à fond. Un peu plus tard, tout le monde me saute dessus, car j'ai réalisé le temps "scratch". J'ai un peu de mal à y croire, mais bon... A partir de là, les journalistes me connaissent et je me retrouve parmi les favoris, du moins au départ des courses.

DNA - L'Alsace

Comment empêcher les chevilles d'enfler avec ça ? J'avais trouvé une solution.

Je craignais un peu de faire des rallyes avec la berlinette, me disant qu'il fallait progresser avec une certaine modération. Autre argument, vraiment majeur, celui-là, participer à des rallyes avec une groupe 4 imposait un budget hors de portée de mes moyens. Mon copain Dominique Neyer avait une petite Fiat 127. On a bricolé quelques tubes de ferraille pour l'arceau de sécurité, des phares, des freins, des pneus, et puis nous sommes partis faire la Ronde des Vosges. Profitant d'une bizarrerie du règlement, nous conduisions à tour de rôle. Nous avons assez facilement remporté notre classe de cylindrée, pulvérisant le record du tour de notre classe (30 secondes de moins!) malgré la neige. D'ailleurs, cette classe 1000 du groupe 1 a été supprimée par la suite et ce record restera donc définitif.

Les "Vosges" photo : A. Conrath

 

Cette photo a été prise dans la descente après le Mont Sainte Odile. A quelques encablures de là, je me suis fait doubler par la BMW jaune d'Aimé Dirand qui se battait pour le scratch : quel spectacle ! Un peu plus loin, il y avait ce fameux petit pont que je prenais complètement à fond 150-160 en descente avec la 127 qui effectuait tout de même le tour à 100Km/h de moyenne! Juste après le pont, je vois la voiture d'Aimé dans le talus, en marche arrière. Un peu plus loin, au fond de la vallée, nous remontions vers le Champ du Feu, le bolide jaune me double pour la seconde fois dans le même tour. Il est très pressé, car son réservoir a été percé dans le choc et se vide sur la route. Il finira 2è du scratch. Je viens d'apprendre une chose fondamentale de la compétition auto et du sport en général : une épreuve n'est jamais terminée avant la ligne d'arrivée. Merci Mémé.

Comme ça marchait plutôt bien, nous sommes allés faire le rallye de Lorraine. Encore mieux ! Sortant de la route à tour de rôle, on commençait vraiment à rouler trop vite avec cette petite auto, mais cela ne nous a pas empêchés de gagner une fois de plus notre classe. D'ailleurs, en 1973, j'ai remporté ma classe de cylindrée dans toutes les épreuves auquelles j'ai participé, notament avec l'Alpine qui était en moins de 1600cc tandis que certains étaient passés dans la classe supérieure avec les 1800, sauf à Sewen où je me suis fait avoir, pour 3/10è de secondes (0.3" sur 6Kms!) par un ami, ancien champion de ski vosgien : Francis Stalter.

course de côte des hautes-Vosges

course de côte de Turckheim-3 Epis (la "maison vosgienne")
photos : A. Conrath

Cette course de côte de Tuckheim - 3 Epis reste un excellent souvenir. Je n'avais pas de pneus pluie, juste des "mixtes" Michelin TB5. L'A110 a toujours été une auto très efficace sur terrain glissant, et ce jour-là , sur 5.6 kms, ma petite 1600 l'a montré au-delà de mes espoirs. J'ai la chance de terminer 4è du groupe 4, entre les Porsche 911 gr4 de Hubert Striebig et Hugues Kirschoffer, à une petite seconde de la splendide 1800 de Georges Zerbini, 2 secondes devant la Carrera 2.7 Gr3 de Guy Fréquelin, multiple champion de France dans diverses disciplines du sport auto. On peut difficilement être en meilleure compagnie !

Quelques semaines après le rallye de Lorraine, le moteur de la Fiat a explosé, probablement suite à un sur-régime au cours du rallye. Du coup, Dom' a acheté une Simca Rallye avec laquelle nous sommes allés faire le rallye du Var. On était un peu justes en freins, mais ça a fonctionné quand même (surtout dans les descentes!), malgré quelques parties de tout-terrain. Après le retour, on a fêté tout ça, comme il se doit, chez les Haeberlin, avec nos copines et Michel, notre mécanicien du Var, très méritant.

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