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 1974

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André m'a fait un petit programme pour l'année.

Durant tout l'hiver, j'avais bricolé la voiture : carrosserie, suspensions, transmission.

Au mois d'avril, la saison commence par le rallye des Vosges. Le gros problème, c'est que certains virages que je prenais avec l'accélérateur soudé sur la 127, passent très différemment avec la berlinette. Là-haut, sur la Rothlach, je double quelqu'un sur une bosse qui tourne, complètement à fond, et je fais un tête à queue juste derrière. La voiture s'envole contre le talus et se pose au milieu d'une sapinière. Me souvenant des aventures d'Aimé Dirand l'année d'avant, je pique un sprint pour chercher de l'aide. Les spectateurs arrivent, portent la voiture sur la route et je repars avec 2 pneus crevés, un échappement plié et bouché, un triangle en piteux état, la direction tordue, le train avant ouvert...

"Chanferein" et les autres de l'assistance font un petit miracle, et ça repart. Le rallye devient un calvaire, j'ai plein de courbatures car la voiture ne roule plus droit et j'ai beaucoup de mal à la garder sur la route, mais je persiste. Bonne idée, car l'épreuve est très dure et tout le monde a des problèmes. Petit à petit, je remonte dans le classement et finalement, dans le dernier tour, je gagne ma classe, terminant 13è du scratch.

On rafistole la voiture et je fais quelques courses de côte. C'est plus difficile que l'année précédente, car j'ai changé de classe de cylindrée. Mon pote Jojo Zerbini a un vrai monstre, imbattable en côte. Je finis 7 fois consécutives à la 2è place, ... Dur, dur...

course de côte de Belleau photo : A. Conrath

course de côte des "S" de Treffort photo : Photosport

A l'occasion de cette course de côte, j'ai le numéro qui suit immédiatement celui de Jean-Luc Thérier, probablement le meilleur pilote de la grande équipe Alpine du début des années 70. Ma voiture a un gros probl&eagrave;me de stabilité dû à un train avant baladeur, les bagues servant à régler le carrossage et la chasse étant éprises de liberté. Spontanément, Jean-Luc vient me donner un coup de main et nous faisons les réglages du train sans aucun appareil de mesure. En dialecte alsacien, il existe une jolie expression décrivant parfaitement cette manière de faire : "oigamass", la mesure à l'oeil. L'expérience a été absolument probante, car je termine second derrière Jean-Luc, évidemment !

Au rallye de Lorraine, l'un de mes préférés, c'est encore plus difficile, car il y a Jacques Henry qui est là pour le scratch et qui le remporte : ce jour-là, j'ai l'honneur d'être second de ma classe de cylindrée derrière Jacques! En fin d'épreuve, nous cassons la commande d'embrayage en sautant un peu trop fort sur une bosse dans la descente du Haut du Tot. Il faut changer les vitesses "à l'oreille" et prendre les départs "à la poussette" avec l'aide des spectateurs. Au départ de chaque épreuve chronométrée, André part recruter quelques spectateurs motivés pour nous aider à prendre les départs… Le rallye se termine au petit matin dans les rues de Nancy avec Gérard Sainpy et Francis Roussely qui nous ouvrent la route, car il nous est impossible de nous arrêter. Le rallye est l'un de ces sports privilégiés où la solidarité entre concurrents n'est pas un vain mot : merci, amis.

rallye de Lorraine : la descente du Haut du Tot photo : A. Conrath

course de côte de Turckheim-3 Epis photo : A. Conrath

Aux 3 Epis, ma voiture se remet de ses émotions du Lorraine et Bernard Chambon me prête son "engin" : très, très rigolo, mais encore une fois second, à 3/10è de secondes de Bernard, décidément.

Au mois d'octobre, il y a le rallye de la Châtaigne. Je ne me souviens pas d'avoir vu autant d'eau tomber du ciel. La voiture est constament en aqua-planning,et de temps en temps, on se retrouve à côté de la route. Finalement, la boite (dernière séquelle du Lorraine) nous lâche dans un endroit complètement perdu au sommet d'un col à 2 heures du matin. André et moi faisons 10 bornes à pied, à quelques centimètres de ces fous qui prennent un malin plaisir à attaquer comme des malades dans les flaques d'eau : plus un poil de sec.

En fin d'année, nous retournons au rallye du Var. Jacques Henry est là aussi et nous partageons l'assistance : Antoinette et Michel, notre mécanicien à un bout du rallye, Gérard et son breack à l'autre extrémité, à Collobrières.

Dans le long chrono de Notre Dame des Anges, il touche un rocher caché à la corde d'une courbe, crevant les 2 roues du côté droit. Quelques minutes plus tard, je fais la même faute au même endroit. Nous n'avons pas assez de roues arrières à l'assistance d'Antoinette et Michel, et je repars avec 4 roues avant. Tous deux, nous avons le train avant ouvert et nos crevaisons nous ont coûté pas mal de temps.

Gérard nous refait les réglages un peu plus loin "à la ficelle". Jacques soude sa pédale droite au plancher et remonte comme une fusée pour remporter le scratch du dernier rallye du championnat de France et le championnat aussi, par la même occasion. Franchement, je ne vois pas qui d'autre aurait été capable d'un truc pareil. De notre côté, on s'était contentés de ramener la voiture au parc d'arrivée, pas trop vite, mais pas trop mal classés tout de même...

photo :Studio 2000

Bilan : 2 victoires, 6 secondes places et d'autres moins brillantes...

 

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