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 1977

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Grosse tristesse, j'ai vendu ma berlinette préférée à l'automne dernier.

Pour la ronde des Vosges, j'ai loué une Porsche 2,7L à Francis Roussely. Il me la livre le samedi après-midi et j'ai 20 minutes pour essayer d'apprendre comment ça marche, juste avant le départ. Les conditions sont plutôt difficiles, il pleut et il y a du brouillard sur les sommets. En plus, on manque de roues! Si la photo était plus nette, on verrait des "slicks" à l'avant et des "mixtes" à l'arrière: aqua-planning permanent des roues avant et sous-virage chronique. Au moment du départ : court-circuit! Pas de problème, on branche les phares sur le coupe-circuit général et je roule comme ça, "tout allumé" mais les yeux fermés pour ne pas être trop ébloui, dans le brouillard des sommets.

Pas de chance pour lui, Francis a planté sa belle Carrera 3L dans les sapins de la Rothlach, du coup je récupère des pneus un peu plus conformes à la météo. Antoinette, mon épouse, se trouve avec Patrick, mon navigateur habituel au PC de course et fait les comptes : depuis le premier tour, j'augmente mon avance sur le second de mon groupe de plus de 20 secondes par tour. Du coup, l'épreuve se transforme en course de lenteur. A chaque tour, Francis me demande de ralentir un peu plus car la Porsche consomme de plus en plus d'huile, puis il faut mettre un sandow pour ramener la pédale de freins... Bon, Jan-Hug gagne le scratch avec son avion de chasse (BMW CSL) et moi le groupe 3, un peu frustré par le déroulement de la course, mais j'ai quand même aimé la Porsche avec le raffut métallique du flat-6.

la revue "Echappement"

Juste après le "Vosges", j'ai la chance de mettre en place un "deal" avec le garage Courtois de Cernay : il met une magnifique berlinette (*) à ma disposition, je fournis juste le moteur et les roues.

(*): pour les connaisseurs: une A110 bis 1800 groupe 4

Malheureusement elle a des suspensions "circuit" qui devraient aller en côte, mais en rallyes... Jacques nous fournit un "1800" et on s'inscrit au rallye de Lorraine. Le parc fermé de départ à Nancy est clos à 20 heures. Complètement "à la bourre", nous quittons l'atelier de Cernay à minuit ! A 4 heures du matin, nous posons la voiture devant l'entrée du parc où nous nous rendons pour les formalités à 8 heures : quelle nuit ...

Notre départ a lieu en milieu de matinée. Nous passons le plus clair de notre temps à bricoler la mécanique, l'électricité, enfin tout quoi ! Le pare-chocs touche le sol à chaque freinage appuyé et le "ski" jette sa gerbe d'éteincelles à la moindre bosse de la route. Malgré ces difficultés, nous sommes régulièrement dans les 5 premiers du scratch.

Au mois de mai 1977, mon dernier rallye en berlinette Alpine A110.

 

Ces photos peuvent être aggrandies en faisant "Clic" dessus.

départ de Nancy: Pierre et Patrick

les "spéciales"

vosgiennes

Remiremont / la forêt d'Hérival / col du Mont de Fourche

la Mosellotte,

le"Rainkopf", la Schlucht

 

Dans "notre jardin", le fameux "Rainkopf" sur la route des crêtes vosgiennes, les phares s'éteignent, puis le moteur s'arrête. Les spectateurs viennent nous aider, comme souvent. On bricole quelques câbles, puis on repart après une vingtaine de secondes, vite, très vite, et on fait le 9è temps scratch : quel avion, cette auto !

Au petit matin, dans la forêt d'Hérival, longue spéciale, la pression d'huile baisse dès que nous dépassons 5000tr/mn. En roulant "pépère", nous faisons le 12è temps scratch. Ensuite, au milieu de la nuit, pas envie de casser le moteur, nous décidons d'abandonner et nous stationnons notre bolide dans la cour d'une ferme perdue au fin fond des Vosges.

Quelques jours plus tard, sur une route nationale, il se passe un truc bizarre en pleine ligne droite, et je me retrouve au milieu des débris de la BMW mulet-tracteur, de la remorque et de la jolie berlinette éparpillés sur 300 mètres, mais indemne.

Il me reste la voiture dont je me sers pour les reconnaissances, une Opel Kadett GT/E. Elle n'est pas du tout préparée, à part les suspensions. On y ajoute un arceau et "let's go". Premier rallye avec Jean-Jacques Poirier, un p'tit jeune (enfin, à peu près mon âge...) qui veut tâter de la compétition. Après quelques temps scratch en descente, on termine 3è "scratch" de son premier rallye. Du coup, pour la suite, le moteur aura un nouvel arbre à cames et la transmission sera raccourcie.

A la "Châtaigne", la voiture se disloque petit à petit. Par 2 fois, le moteur s'arrête complètement en pleine épreuve chrono, il faut ouvrir le capot, parfois le coffre pour trouver la panne, réparer. Finalement, l'embrayage casse. On la pousse jusqu'à l'arrivée, terminant seulement 3è du groupe 1, mais très heureux d'être là !

L'accélération, pas terrible... mais les freins ! photo : Photosport

Séquelle de nombreux kilomètres en berlinette (vitres latérales toujours propres).

La voiture fait un séjour chez Pierre Waldvogel pour une grosse révision. François Jacquel, ami voyageur (Kaboul, été 1970, souvenirs, souvenirs) et journaliste à FR3, m'a dit un jour qu'il aimerait participer à un rallye "de l'intérieur". Je lui propose le rallye du Rhin. On se fait une vraie fête, avant, pendant et après le rallye. La GT/E est toujours aussi fragile, mais cette fois, elle a le bon goût de s'arrêter en dehors des chronos. On termine l'épreuve avec des amortisseurs et des roulements de roues HS, la caisse qui de déssoude un peu partout… Beaucoup de boulot pour notre assistance très efficace. Nous gagnons le groupe 1, devant toutes les groupe 2, très bien placés au "scratch", juste précédés par 4 grosses groupe 4 et la Porsche 2.7L groupe 3 de Francis Roussely, et une valise de souvenirs de plus avec François...

 

Echappement : voir l'article

 

Bilan : 3 victoires, 2 secondes et 1 troisième place sur 7 participations (1 abandon)

 

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