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 1980 : the end (mouchoirs et violons, svp)

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La vie est belle, mon sponsor a racheté Aseptogyl (les dentifrices), et dans le "lot", il y a une magnifique Alpine A310, 4 cylindres seulement, mais maxi-préparée côté chassis. Jacques Henry nous fait les réglages, mais refuse d'en prendre le volant, me montrant la photo d'une voiture identique, mais légèrement abîmée: "Ces voitures-là, c'est trop dangereux pour moi...".

Pour ce qui me concerne, elle sera l'arme absolue et va gagner son groupe (parfois aussi le "scratch") dans toutes les épreuves où je vais l'engager, sauf le rallye de Vosges en début de saison, où le moteur chauffait, ce qui m'a incité à abandonner avant qu'il casse.

la "Ronde Luronne"

 

A la Ronde Luronne, au premier tour, je touche une pierre déterrée par un concurrent précédent et on crève à l'avant gauche. Pas besoin de cric, les spectateur soulèvent la voiture. On repart aussi vite que possible. Le problème, c'est que le premier tour détermine l'ordre des départs pour les suivants. Nous partons donc parmi les derniers, peu avant Jan Hug dont la BMW est tombée en panne. Nous passons le rallye à doubler un nombre incalculable de concurrents, remontant des fonds du classement jusqu'à la 8è place du scratch, gagnant notre groupe, suivis par Jan Hug qui a connu les mêmes difficultés.

On termine la saison au rallye du Rhin. La première spéciale, la montée de Grendelbruch, se déroule sur une magnifique route, 50% tarmac, 50% terre. Malgré une roue qui se dégonfle, nous faisons le scratch de la "spéciale": cette voiture apprécie les terrains glissants. La liaison suivante étant très courte, nous n'y avons pas d'assistance. On fera les 2 spéciales suivantes avec la roue de secours montée à l'arrière gauche, soit 2 roues de 8 pouces à l'avant, une roue de 10" à l'arrière droit et une roue de 6"1/2 à l'arrière gauche. Vous imaginez le comportement de la voiture...

La nuit, nous sommes complètement à la bourre, la descente du Haut de Ribeauvillé vers Sainte Marie aux mines est très dure pour les freins. La liaison suivante est très courte et nous n'y avons pas d'assistance. Dans la "spéciale" suivante, le col des Bagenelles, je pompe comme un fou sur la pédale de freins qui part au plancher et je mets de plus en plus la répartition vers l'avant qui ne freine plus. Dans le dernier gauche, on se freine en s'appuyant sur la terre molle du talus.

Je pense abandonner, car ça devient dangereux. A 200 mètres de là, c'est l'assistance de Pierre Meny qui remet nos freins en état. Encore un pour qui sportivité et solidarité ne sont pas de vains mots. Merci Pierre, merci les gars.

Malgré tout, au "scratch", je reste tout devant entre Pierre Meny et Jean-Claude Vaucard, les grosses Porsche n'ont pas pu suivre.

Jean-Claude, se souvenant de la sortie de l'année précédente : "une seconde à toi, une à moi, ça ne peut pas durer, on va se mettre au tas…". Pourtant, nous continuerons ainsi jusqu'à l'arrivée.

Pierre gagne avec sa belle A310 V6 et je conserve une cinquantaine de secondes d'avance sur Jean-Claude et sa Talbot Lotus: quelle nuit!

Bilan : 6 victoires dont 3 scratchs sur 7 participations (1 abandon).

C'est la fin de l'histoire... Je me suis acheté une grosse moto d'enduro, j'ai essayé ça et aussi les rallyes à moto. Puis je me suis acheté un kart 125 avec une boite à 6 rapports, des freins et tout. Sans doute le poids des années constituent un handicap dans un cas, les centimètres et kilos excédentaires dans l'autre... Parfois, un ami me met au volant d'une "vraie" voiture, la magie fonctionne toujours, mais il me manque la compétition. J'ai essayé plein de "trucs", mais rien ne peut remplacer cette ambiance, le jour et la nuit, ces relations humaines très particulières à tous les niveaux (concurrents, assistance, équipage), les spectateurs qui font des feux la nuit au bord des petites routes de montagne, cette atmosphère extraordinaire, en fait tout ce qui constitue ce sport dans lequel j'ai eu le bonheur d'avoir ma petite place : les rallyes automobiles(*). Citation de l'un de mes navigateurs des débuts : "C'est comme l'amour, tant que t'as pas essayé, tu peux pas savoir...".

Mettre ces vieux souvenirs en lignes m'a procuré un grand plaisir : merci à ceux qui m'ont incité à le faire.

 

(*): les rallyes, tels que nous les avons connus avant les années 80, ont disparu, tués par les réglementations. C'est vraiment dommage, mais cette évolution était certainement inévitable, c'était le tribut à payer à la sacro-sainte sécurité dont on nous rabat les oreilles depuis des décennies et qui dé-responsabilise tout le monde.

 

Remerciements à :

mes navigateurs (par ordre chronologique) :

Jean-Marie MORERE

Dominique NEYER

André JEANNIARD

Patrick DISS

Antoinette BOROCCO (jusqu'en 76)

Antoinette STRAUMANN (la même, à partir de 76)

Jean-Jacques POIRIER

François JACQUEL

Marie-Hélène GREBMAYER

Robert WREGE

Christian STRAUMANN

mes sponsors (par ordre alphabétique) :

ASEPTOGYL

CAFE HAG

CAMARA Colmar

CHRISTINE LAURE

CIBIE

CORA Colmar

COURTOIS SA concessionnaire Renault à Cernay

DIADERMINE

ESSO

GANGLOFF SA concessionnaire Opel à Colmar

KLEBER

MARCHAL

MICHELIN

mes préparateurs :

Gérard POURCHET à Besançon (Alpine)

Jacques HENRY à Lure (Alpine)

Pierre WALDVOGEL à Ottrott (Opel)

mes assistances (liste partielle, par ordre alphabétique) :

Roland BARG (Gouffy)

Henri BRENGARD

André HENRY

Pierre LAURENT

Jean RITTER

"Chanferein" SCHNEIDERLIN

Christian STRAUMANN

Jean-Claude TOUSSAINT et tous les membres de l'écurie 3 épis

Michel WAGNER

Jean ZINGLE

et à tant d'autres que la place aurait manqué, sans oublier tous mes amis pilotes et navigateurs dont je suis très fier de pouvoir dire qu'ils ont été et resteront définitivement mes amis.

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